Actus

21/11/2010

First IM: Me voilà dans la secte

posté à 20h37

Tout d’abord, je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont envoyé des messages d’encouragements et de félicitations.

2 semaines après la course et tout juste rentré des US où j’ai pu profiter, voyager un peu, je me penche donc un peu plus sur l’ordinateur pour parler plus précisément de cette dernière de la saison.


pour la suite je vous laisse cliquer juste à droite sur ...



Arrivé à Panama City Beach 2 semaines avant la course pour plusieurs raisons : la météo stéphanoise pas toujours très bonne à cette période, l’entrainement en solo depuis déjà pas mal de temps et donc l’envie d’un partage d’entrainement là bas avec Christophe histoire de créer un peu d’émulation, et puis aussi parce qu’il y a pire comme destination…

La 1ère semaine sur place fut donc réservée à l’entrainement (à 2), de bons moments passés, autant à l’entrainement, que dans l’appart lors des repas ou des longs moments sur le net (que ferait-on sans le net d’ailleurs… !!!)
Des moments un peu moins joyeux aussi, où tu te demandes : mais comment tu feras le jour de la course !!!

Et puis une dernière semaine vraiment light à moitié prévue, en effet la météo floridienne nous a fait quelques caprices, mais bon ce n’est pas une sortie vélo non faite ou un entrainement piscine raté qui changeront quelque chose (après il faut juste s’en persuader psychologiquement) .
Dernière semaine qui me sert aussi pour parler un peu plus de la course, prendre encore des conseils, autant pour la course que pour l’avant, l’alimentation, les allures, les sensations qu’on peut ressentir. Plein de trucs qui mettent encore pas mal les « chocottes ».

Jeudi nous retirons les dossards,
Vendredi nous déposons les vélos et les sacs. Là il faut décider quoi mettre le jour de la course ; pour moi ce sera maillot de vélo et manchettes dans les poches au cas où.
Et course à pied en tri fonction avec chaussettes et booster.
Pas de ravito perso, et un seul bidon sur le vélo (vu la température le matin et le nombre de ravito en vélo : 10, pas besoin de plus). Et puis je ne voulais pas partir en mode porte bagages…

Le réveil sonne samedi matin, et là ca y est….
Comme je l’ai dit dans le précédent post, je commence vraiment à baliser, je dois paraître fermé mais je suis sûrement déjà un peu « dedans ».
Petit coup de stress du matin quand dans la voiture je pense à tout ce qu’il faut emmener et me dis « m…. la ceinture cardio »…..fouillage de sac et ouf c’est bon.
On arrive sur le site, collage des barres, dernier petit gonflage et on va vite au chaud pour enfiler la combi et la fermer (important…)
On se dirige vers la plage en vitesse car on n’est pas bien à l’heure, (pour changer) mais ça fait partie du « petit stress d’avant course » ce n’est pas bon si tout roule…
Le sable n’est pas bien chaud mais peu importe « va falloir y aller ». 2, 3 coups de bras dans l’eau histoire de dire que je me suis échauffé. J’arrive à croiser Jeannette et peut l’encourager une dernière fois.

Sur la plage je me place à gauche, pas très loin de BOCKEL. Coup de canon et c’est parti pour une longue journée, on court, enjambe les vagues, 2-3 dolphing et plouf on tourne les bras, aucune baston, je suis très vite en tête et j’aperçois des pieds à droite qui avancent bien, j’y saute dedans, et je me cale tranquillement sur le même rythme.
Au bout de 500M je jette un coup d’œil derrière, et vois qu’on n’est pas tout seul, je passe devant un petit moment pour accélérer un peu, puis me dis que j’ai autant à rester tranquille dans les pieds.
Le retour se passe bien, contrairement à la sortie à l’australienne qui est terrible, je replonge et…je suis « sec », je laisse trainer les jambes puis me remets en route pour rattraper les pieds de BOCKEL parti quelques mètres devant. Puis au 2800 mètres on commence à reprendre des groupes d’âge partis 10 min après nous. Je perds les bons pieds et me retrouve au milieu de la masse GA, là je passe en mode « slalomage », j’essaye de garder un bon rythme mais c’est bien dur au milieu de tout ca. A la sortie de l’eau j’aperçois un bonnet gris, je le suis donc et m’aperçois que c’est Romain. Je récupère mon sac, j’enfile mon casque en courant, dans la tente j’enlève la combi et un bénévole range tout dans mon sac, moi je suis déjà parti le maillot à la main et l’enfile en courant.


On part maintenant pour les 180kms (ce que je redoute le plus), nous sommes 4 à être sortis assez proches, BOCKEL, RHODES, Romain et moi,
Romain part tout de suite devant, bizarre car je sais qu’il voulait gérer à environ 230 watt. Moi je suis 20 secondes derrière le duo. Puis un petit échange en français avec Bertrand Billard (que je remercie d’ailleurs pour ces encouragements) et je fais l’effort au 12éme kilomètre pour revenir à 10-15 mètres du duo. La je commence à vraiment sentir le froid, j’enfile donc les manchettes pour essayer d’avoir un peu plus chaud (un peu moins froid plutôt…)
Les 2 me regardent un peu en me disant de passer devant… moi je ne vois rien (et oh 1er Ironman, on va peut être gérer). Puis je commence vraiment à me geler et je décide de rouler en tète histoire de bien tourner les jambes à mon rythme comme je le souhaite, chacun passe à son tour devant et le marshal présent tout du long avec nous veille aux distances.
Nous arrivons au 60ème kilomètre et allons prendre pendant 10 kms « l’autoroute » et là un gros groupe revient de l’arrière, MC Donald passe en tète et se met à rouler à une allure folle, je sers les dents en me disant que c’est peut être un coup d’intox pour essayer d’écrémer, et c’est confirmé au bout de 5kms : il se relève comme si de rien n’était… le reste de la course se résume à ça tout le temps, des moments intenses et des moments où tout le monde se regarde, je suis content et profite de ces moment pour récupérer car je sens déjà les jambes un peu dures alors qu’il reste 100 bornes. Je m’hydrate et m’alimente toujours bien (aucun souci pour manger), mais m’inquiète un peu pour la fin du parcours. A 50 kms de l’arrivée sur la longue ligne droite de la « 20 », ça ne roule plus très vite et je décide d’accélérer l’allure mais en restant sur des valeurs cardiaques toujours acceptables. Ça dure 10 kms puis quelques uns me doublent et la vitesse a pris 2ou3 kms/h.
On attaque la dernière ligne droite qui nous ramènera sur le « front Beach » et je sais que le plus dur du vélo est passé, mais qu’il faut tenir encore une petite heure. A ce moment là le fait de très bien connaître le parcours me sert énormément, car je sais exactement le nombre de kilomètres restant à tel endroit, je me raccroche à tout ce que je peux pour finir sur la même allure…

Dans « le groupe » nous ne sommes plus qu’une dizaine, et sur ce retour je commence à faire quelques calculs :
Romain devant (qui avait 8 min d’avance au 90 ème), nous nous sommes 10 donc je pars sur le marathon en 11ème position, plus ceux qui vont me doubler sur le marathon ça semble chaud pour un top 10 ou 15… en plus j’ai peut être fait le vélo un peu au dessus de mes capacités donc je ne suis pas tellement rassuré.
Puis au 2ème demi tour, à 25 kms du parc, Romain n’est plus qu’à 3min devant, j’imagine donc qu’il a peut être coincé et que ces sub 3h au marathon ça ne sera peut être pas pour aujourd’hui mais plutôt aux alentours des 3h10 comme à son habitude. Moi je rêve toujours d’un 3h05-10 car j’ai eu la sensation à l’entrainement que c’était possible…. voir même plus, mais est ce que je tiendrai les 42 kms après le vélo…. ???
Tout ça pour dire que Romain craque peut être un peu devant et qu’une place sur le marathon peut peut-être être grignotée.
Les 10 derniers kms sur front Beach se font vent dans le dos et je remonte petit à petit pour être 2ème du groupe, je prépare la transition sur le vélo A 50 m du parc je me retourne et vois le retour du coach (qui a fait le vélo tout seul… chapeau) on rentre donc dans la même seconde au parc (c’était déjà bien sympa) mais pas un mot, juste un petit signe. Puis je ressors dernier de la transition….

Je pars sur mon rythme, j’ai pas trop mal aux jambes, mais je prends déjà des dizaines de mètres de la part des autres coureurs, je regarde le Garmin :plus de 15 de moyenne, là y’a un souci, je fais donc un lap pour repartir de zéro, je cours sur mon rythme sans chercher à « cravacher », je regarde un peu plus tard, plus de 14.5… là je commence à douter de mon Garmin, ou à me demander sur quelle base ils sont partis devant !!??
Bon je décide de faire abstraction de ça, je reste concentré sur moi-même, je me ravitaille bien. Au 10 kms je passe à plus de 14.5 de moyenne, bon on va continuer comme ça, je me fais 2,3 plans dans la tête (la remontée du 10 au 20ème km à plus 14 de moyenne) car je me sens pas mal du tout. Sur cette remontée je reprends Romain qui commence à souffrir, petit encouragement entre français et à ce moment on nous annonce 8 et 9ème (en fait on est 9 et 10).
Avant le demi-tour du semi je peux donc croiser la tête de course, et j’essaye de compter exactement, mais je me perds avec les GA qui attaquent le marathon. Je croise par contre Christophe qui est 1min30 devant. Je fais également des écarts avec l’arrière, Romain à 2min et le fameux Petr à 3 min (ouille ça va être chaud car je sais qu’il peut sortir un sub 2‘55)

Au semi je fais aussi mon état des lieux : je passe en 1h29 au semi, je suis à plus de 14.5 et donc si je fais un 2ème semi à 13.7 ou 13.8 de moyenne, je devrais pouvoir courir en 3h.
Et là on réattaque la boucle avec le bord de la route bondé de monde, et impossible de ralentir je passe donc en mode, « va chercher ceux de devant » puis en même temps je me dis qu’à 20 bornes de l’arrivée il ne faut peut être pas tout lâcher, tant pis je suis parti, je ne vais pas ralentir maintenant…
Du 20ème au 30ème je suis encore à plus de 14 de moyenne, mais ne vois aucun Pros devant. Là je m’agace et me dis que je ne peux pas finir 8ème alors que je suis sur des bases de moins de 3h au marathon. Mais ça y est je suis vraiment dans la course et j’ai ce que je voulais :batailler contre moi-même et contre les autres pour une place, un temps, et ça c’est bon même si je commence à avoir mal.
Puis au 30ème km dans la boucle du bout je double 2 Pros d’un coup (MC DONALD et ???) Je cours plus vite et ils ne peuvent s’accrocher. Je pense être 6ème et commence à avoir un grand sourire au fond de moi mais je me calme tout de suite en me disant « et ho 10 kms ça peut être long et je peux encore être obligé de m’arrêter dans un fossé et me faire ramasser à la petite cuillère… »

J’aperçois au loin une tri fonction blanche et reconnais Christophe. Je commence à faire des laps à chaque trace d’ombre, chaque poteau. Je sors de la boucle et hop je double un nouveau Pro (SUNDBERG) je pense donc être 5ème et Christophe 4ème (en fait on est 6 et 5)
Je sens que je remonte petit à petit et commence à réfléchir comment faire si j’ai à le doubler. Je vois bien que je ne cours que quelques dixièmes de kms/h plus vite et donc je ne vais pas le déposer comme ça (et puis ça me serait dur de le doubler comme si c’était un autre…)
Je remonte donc tranquillement en réfléchissant à quoi faire, il ne se retourne qu’une fois que je suis à 20 m. Je remonte à sa hauteur et cours à côté de lui (je ne veux pas faire la fouine à rester dans les pieds..). Là juste 2-3 mots sortent «c’est super d’être ensemble, mais…pas de cadeaux… » (J’avoue que j’avais un peu réfléchi à une situation comme celle-ci, même si elle me paraissait irréalisable, je savais donc que je ne voulais pas de copinage entre nous sur la course)

Il reste environ 7kms et très vite après avoir rejoint Christophe, je fais comme si de rien n’était mais à un ravitaillement j’accélère un peu l’allure (je ne sais pas qui à bien pu m’apprendre ces coups de Trafalgar…) A d’autres, je sens bien qu’il est encore dans mes pieds, à ce moment et même quand j’ai accéléré je savais que ce n’était pas la chose à faire et que derrière il doit se dire : « mon petit tu ne m’auras pas comme ca : EXPERIENCE »
Mais je n’ai pas envie de ralentir pour qu’on se regarde et jouer au « pistard », puis Christophe passe devant, je prends tout de suite une dizaine de mètres. Plusieurs sentiments me traversent la tète : il n’y a pas de doute il est plus fort donc, tu peux laisser partir, ou « je suis déjà bien content d’être 6ème » mais le dernier sera « c’est peut être le moment de se faire encore un peu plus mal, de revenir et d’essayer de tenir encore quelque kilomètres jusqu'à que je ne puisse vraiment plus. Vu qu’il « en reste » je recolle assez vite ( à ce moment là je me revois un peu comme à l’entrainement, ou sur de pauvres sorties vélo, sur des pancartes de rien du tout où personne n’a rien à gagner, on donne tout juste pour « être devant ») je ne vais pas lâcher maintenant.
Je reviens et nous courons côte à côte, je réfléchis au parcours à ce qu’il reste. Quand pourrais-je bien placer une grosse accélération ? Je sais qu’il y a une petite descente avant la longue dernière ligne droite, je commence donc à prévoir une attaque ici.
Puis je ne sais comment mais nous ne sommes plus côte à côte : je suis devant et Christophe dans mes pieds (« m…. pour le coup de la surprise c’est râpé »). Puis sur une longue ligne droite avant la fameuse descente, le vent souffle pleine face (« re m…, je vais me faire griller » et me dis que c’est fou de finir au sprint un IM surtout avec Christophe). Je slalome donc sur la route, mais rien à faire : je suis à droite il va à droite, à gauche idem, il est collé à moi. (Je me revois à Vouglans entrain d’essayer de lâcher SEB STALDER, en faisant pareil, et où Christophe était là pour… m’encourager, pas vraiment le cas aujourd’hui)
Puis arrive la fameuse descente, mais je ne le sens pas à ce moment là. Arrive le dernier virage et sortie de virage : JE ME LANCE. Au bout de 50 m j’ai mal aux cannes et s’il n’est pas loin derrière ça va être interminable, je ne me retourne pas, mais jette juste des petits coups d’œil sur l’ombre à droite. Je continue à bloc, puis me retourne et vois que c’est bon.
Je continue sur un bon rythme en sachant que c’est gagné (enfin la 5ème place) mais pour moi à cet instant c’est comme une victoire.
Les derniers mètres sont un moment de grosse (très grosse) explosion de joie !!! Je crois même que je pète légèrement un câble pendant 10secondes… mais c’est juste 8h30 de course, et quelques heures d’entrainement sans rien dire qui ressorte d’un coup.

J’attends Christophe qui arrive juste derrière, arrivé bizarre mais compréhensible, peu de mots sont échangés, mais 2h après « je crève l’abset », on reparle de la course, s’empoigne la main, se félicite, (toujours sans trop de blabla) mais l’essentiel est dit et pas besoin de se faire un discours de 2h, chacun sais ce qui doit penser en quelque mots.
Et surtout je n’oublie pas de le remercier énormément, car lui accroche 2 classements : la 6éme place et un bout de la 5éme….


Après un résumé (détaillé) un petit bilan du 1er ironman.
Niveau entrainement ca aura été quelque chose que j’aime, le moins facile aura été le vélo, et par contre un très grand plaisir à courir à des allures plus basse mais plus longtemps.
Pour la course : une natation moyenne mais dans cette discipline difficile de comparer avec d’anciennes courses ou autres.
En vélo, satisfait du temps. Pour un 1er je n’allais pas partir seul en tête ou essayer de bousculer tout le groupe, mon objectif était de ne pas exploser, et c’est ce qu’il s’est passé même si j’ai eu bien peur à certain moments.
Physiquement, je sais que les 4h36 sont complètement à mon compte, psychologiquement être dans un groupe m’à forcement aidé mais qui serait désavantagé de suivre un vélo à 10 ou 15 mètres ? Forcement il y a de l’émulation qui se crée…
Pour la course a pied, entièrement satisfait de ce 2h56. Avant mon départ je parlais de la course, de quelques objectifs… et j’avais dit que si je courais moins de 3h05 se serait énorme, donc aujourd’hui je ne peux pas dire que j’en voulais plus.
Pour finir, je ne pense pas avoir fait une course attentiste, j’avais juste quelques craintes sur la distance en vélo, je n’avais également tout simplement pas le niveau pour rouler plus vite. Et de plus je ne pensais pas pouvoir courir moins de 3h.
En fait rien n’était établi en termes de stratégie.

Je tiens encore à remercier les personnes qui ont contribué (de près ou de loin) à cette 5ème place, elles se reconnaîtront. Et également les personnes qui m’ont envoyé des messages d’encouragement puis de félicitations, (ca fait tellement plaisir de lire plein de sms, mails ou autres…)
Alors MERCI !


Maintenant retour dans le blizzard stéphanois… mais je pense déjà aux sorties VTT dans le Pilat, dans la neige, aux entrainements nat et cap ou certains me mettront toujours la misère sur des sprints… mais quel envie d’aller retrouver ce groupe (un peu allégé maintenant mais les week-ends il grossira bien…?????), rempli de conneries, de rigolades, de DEFI, d’amitiés…
Vivement…

A bientôt



En photo : L’ARRIVEE

 


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